Oraison Funèbre
Ce sujet a 45 réponses, 20 participants et a été mis à jour par
Thorgal-BD, il y a 5 jours et 6 heures.
-
AuteurMessages
-
thorgal-bdWebmestre Nos papys belges nous ont accompagné toute une vie. Une vie à lire de la BD, à l’époque où elle était moins diffuse, plus partagée, plus « générationnelle ».
Je suis, comme vous, marqué par la disparition de ces auteurs qui sont là depuis toujours et qui ont porté la BD franco-belge et initié tout ce qui fait ce qu’elle est aujourd’hui.
Oui, ils me manquent tous mes papys.
Pierre ChristinFrance Info rend hommage à Pierre Christin, le scénariste de la bande dessinée Valérian et Laureline, décédé à l’âge de 86 ans.

« Scénariste de bande dessinée, écrivain, universitaire et professeur, Pierre Christin s’est éteint à l’âge de 86 ans, laissant derrière lui une œuvre considérable.
Le scénariste de la série Valérian et Laureline, l’une des grandes figures de la BD, est mort jeudi 3 octobre 2024 au matin, a annoncé son éditeur Dargaud dans un communiqué intitulé « La fin d’une magnifique histoire ». « Sa disparition représente une perte inestimable pour notre métier qu’il aura pleinement contribué à faire grandir, au même titre qu’un René Goscinny », écrit l’éditeur.
Né en 1938 en banlieue parisienne, Pierre Christin était l’un des auteurs les plus prolifiques du monde de la BD. En cinquante ans de carrière, il a publié une centaine d’ouvrages, multipliant les collaborations avec des dessinateurs majeurs, de Jean-Claude Mézières à André Juillard en passant par Enki Bilal, François Boucq et Jacques Tardi.
Son parcours avait fait l’objet d’une rétrospective lors du 47e Festival international d’Angoulême. Le 20 novembre 2018, Pierre Christin avait reçu, lors de ce même festival, le prix Goscinny pour son album autobiographique Est-Ouest (Dupuis) ainsi que pour l’ensemble de son œuvre. Lors de la remise des prix, il avait été salué par « une longue et vibrante standing ovation », rappelle son éditeur. Cette récompense s’accompagnera l’année suivante d’une exposition intitulée Dans la tête de Pierre Christin.
Formé à La Sorbonne puis à Sciences Po Paris, Pierre Christin avait soutenu une thèse de doctorat en 1963 sur Le fait divers, littérature du pauvre. Dans les années 1960, il est pianiste de jazz, journaliste et traducteur à ses heures, et part à la découverte de l’Ouest américain. Selon son éditeur, « il s’enthousiasme aussi bien pour la vie dans les ranchs et les autoroutes urbaines que pour la science-fiction, le polar et la musique noire, qui est alors à son apogée ».
En 1967, il signe avec le dessinateur Jean-Claude Mézières la première aventure de Valérian, sans imaginer le succès international que connaîtront son héros et son héroïne, Laureline. Le scénariste fut l’un des premiers à oser mettre en avant un personnage féminin fort.
Cette série de science-fiction traduite dans une vingtaine de langues inspirera des réalisateurs comme George Lucas (auteur de la saga intergalactique La Guerre des étoiles) et Luc Besson qui réalisera en 2017 une adaptation de la BD au cinéma : Valérian et la Cité des mille planètes.
En 1968, il créé l’IUT de journalisme de l’université de Bordeaux avec Robert Escarpit. Il est toujours resté proche de l’école et de ses étudiants. Il sera aussi un pilier du magazine Pilote.
Il traitera de sujets graves, nourris par des enquêtes dans le bloc soviétique, avec Enki Bilal, dans des albums devenus de grands classiques de la bande dessinée politique : Les Phalanges de l’Ordre noir (Dargaud, 1979), Partie de chasse (Dargaud, 1983), Le Vaisseau de pierre (1976), La Croisière des oubliés (1975) ou encore La ville qui n’existait pas (1977).
Avec Annie Goetzinger, il écrira aussi des portraits de femmes, des intrigues intimistes comme La Demoiselle de la Légion d’honneur (Dargaud, 1980) ou Paquebot (Dargaud, 1999). En 2001, il se lancera dans la série L’Agence Hardy, un polar parisien des années 1950 dans une veine féministe.
Hémisphère Nord en 1992, hémisphère Sud en 1999, il aime autant les voyages au long cours que les balades autour de Paris et, sans jamais oublier la bande dessinée, s’essaie parfois à d’autres types d’écriture : les romans, les correspondances, une biographie de George Orwell en 2019.
En 2022, il avait perdu son vieux compagnon de route, Jean-Claude Mézières. Il avait replongé dans l’aventure Valérian en écrivant lui-même Valérian vu par, dessiné par Valérie Augustin, une réflexion sur la création, pleine d’humour, à l’image de cet homme curieux et cultivé.«
Source : France Info
thorgal-bdWebmestre Décès de HermannJe viens d’apprendre le décès de Hermann, qui vient de nous quitter à l’âge de 88 ans.
Je me sens particulièrement touché par ce départ, de façon très intime. Hermann est l’un de mes deux mentors en BD, avec Grzegorz Rosinski. Il a accompagné toute ma vie de lecteur.
J’ai grandi, mûri, appris avec lui. Je l’ai lu dans les bons moments et dans les plus difficiles. J’attendais son « Jeremiah » chaque année en ne me posant ni la question de l’âge de son auteur, ni la question du mien. Il continuait à réaliser un ou deux albums par an, c’est fou. Une vie entière de création. Je suis à la fois admiratif et reconnaissant. Ils ne sont pas si nombreux, dans ma gigantesque bibliothèque, à être capables de me faire reprendre en main encore et encore les mêmes vieux ou moins vieux albums.Hermann au Lombard, c’est « Comanche », qui est pour moi la meilleure série de leur catalogue et qui a forgé ma passion du franco-belge en même temps que Thorgal et Gaston Lagaffe. C’est « Bernard Prince » dont j’ai patiemment collectionné un à un les tomes parus dans une superbe réédition au début des années 2000, et qui ont malheureusement quitté le catalogue bien trop vite. Ce sont aussi des one-shots avec ou sans son fils Yves, au Lombard ou ailleurs. Et « Les tours de Bois-Maury » chez Glénat, que je me revois dévorer dans la bibliothèque de la station de ski, fin des années 90, alors que j’attendais le diagnostic de ma rupture des ligaments du genou.
Purée, ça me pèse et m’attriste, en fait, vraiment beaucoup. Je me sens vieux.
Stéphane
J’ai de loin préféré sa première période avec Greg au scénario, que ceux écrits par son fils, des histoires trop pessimistes pour moi.
Mais quel sens du détail, de la mise en scène et du dynamisme dans ses dessins ! Hermann était un génie, tout comme Rosinski.
thorgal-bdWebmestre Je viens de m’offrir, et de lire et relire, les cinq premiers tomes des « Tours de Bois-Maury ». J’avais complètement perdu de vue cette série, peut-être parce que j’avais le souvenir d’histoires, dures, âpres, sauvages.
Effectivement, c’est dur, mais tellement bien écrit et réalisé. On y retrouve le goût de l’ellipse d’Hermann, ses dialogues et personnages parfois décalés, ses rebondissements inattendus, cette cruauté qu’il n’hésite pas à infliger à ses personnages, même les plus importants ou charismatiques.C’est génial.
-
AuteurMessages
Accueil / Forum / Hors sujet / Oraison Funèbre

